Correspondance et journal scolaire
Un bref historique...
La correspondance scolaire
C’était en 1925, la classe de Freinet (Alpes Maritimes) et celle de René Daniel (Finistère) entamaient pour la première fois une correspondance scolaire. Aujourd’hui, des dizaines d’années après, de très nombreuses classes pratiquent cette technique pédagogique, devenue habituelle, presque banale, recommandée par les textes officiels.
Introduire la correspondance scolaire, c’est ouvrir portes et fenêtres. : le contact s’établit avec d’autres, semblables mais aussi tellement différents. On apprendra d’eux comment ils vivent, mais on se penchera également, sur notre propre milieu proche mais souvent méconnu pour mieux le décrire. On nouera des relations affectives, si importantes pour la formation de la personnalité, la connaissance de soi.
La correspondance est une source inépuisable de travaux : écriture de lettres, lecture des écrits reçus, lecture ou écriture divers, production d’album, d’enquêtes sur le milieu, de recherches mathématiques, documentaires, poétiques…
Introduire la correspondance scolaire, c’est ouvrir portes et fenêtres. : le contact s’établit avec d’autres, semblables mais aussi tellement différents. On apprendra d’eux comment ils vivent, mais on se penchera également, sur notre propre milieu proche mais souvent méconnu pour mieux le décrire. On nouera des relations affectives, si importantes pour la formation de la personnalité, la connaissance de soi.
La correspondance est une source inépuisable de travaux : écriture de lettres, lecture des écrits reçus, lecture ou écriture divers, production d’album, d’enquêtes sur le milieu, de recherches mathématiques, documentaires, poétiques…
Extrait de « La correspondance scolaire au centre des apprentissages » Éditions ICEM (menu publications)
Le journal scolaire
Rendre le journal scolaire aux enfants. De nombreuses productions voient aujourd'hui le jour, plus ou moins proches des journaux d'adultes. Au détriment de l'expression enfantine, on a quelquefois tendance à vouloir imiter les professionnels de la presse, grâce à la vulgarisation des moyens techniques.
Former des enfants producteurs d'écrits n'est possible que si les écrits demandés ont un sens pour eux (de la même façon que nous savons aujourd'hui qu'une vraie lecture ne peut être que celle d'un document qui présente un sens). Or quel sens peut avoir pour l'enfant l'exercice qui consiste à lui demander d'écrire une rédaction à sujet imposé pour tous (et imaginé par le maître), voire une lettre, un compte-rendu d'activité, une recette ou une fiche technique, si le destinataire reste fictif et l'écrit consigné dans un cahier quelconque ?
On n'écrit que pour être lu (hormis sous la contrainte). Cette socialisation est indispensable, car elle est l'un des moteurs de la production, mais aussi parce qu'elle seule peut justifier pour l'enfant les exigences à venir quant au fond et à la forme de son écrit : logique du récit, syntaxe, orthographe, mise en page...
Les correspondances scolaires (écrite, télématique, fax...), les publications issues des classes (romans, recueils de poèmes, albums...) sont autant de techniques qui permettent l'ouverture de l'école sur l'extérieur. Le journal scolaire en est une, privilégiée, qui permet aux multiples formes d'écrits de trouver un destinataire, donc un sens... à condition qu'il soit bien l’œuvre et la propriété des enfants, et non celle de l'enseignant.
Former des enfants producteurs d'écrits n'est possible que si les écrits demandés ont un sens pour eux (de la même façon que nous savons aujourd'hui qu'une vraie lecture ne peut être que celle d'un document qui présente un sens). Or quel sens peut avoir pour l'enfant l'exercice qui consiste à lui demander d'écrire une rédaction à sujet imposé pour tous (et imaginé par le maître), voire une lettre, un compte-rendu d'activité, une recette ou une fiche technique, si le destinataire reste fictif et l'écrit consigné dans un cahier quelconque ?
On n'écrit que pour être lu (hormis sous la contrainte). Cette socialisation est indispensable, car elle est l'un des moteurs de la production, mais aussi parce qu'elle seule peut justifier pour l'enfant les exigences à venir quant au fond et à la forme de son écrit : logique du récit, syntaxe, orthographe, mise en page...
Les correspondances scolaires (écrite, télématique, fax...), les publications issues des classes (romans, recueils de poèmes, albums...) sont autant de techniques qui permettent l'ouverture de l'école sur l'extérieur. Le journal scolaire en est une, privilégiée, qui permet aux multiples formes d'écrits de trouver un destinataire, donc un sens... à condition qu'il soit bien l’œuvre et la propriété des enfants, et non celle de l'enseignant.
Extrait de « Le journal Scolaire » Éditions ICEM (menu publications)
Un peu d'histoire
Les premiers journaux scolaires sont antérieurs à Célestin Freinet. Citons "L'écho de l'école" en 1917, puis "Le courrier de l'école en 1925 à l'école Decroly en Belgique (imprimé à l'école même). Il a d'ailleurs existé de tous temps des journaux d'école plus ou moins clandestins dans lesquels les écoliers donnaient libre cours, sinon à leur expression spontanée, du moins à leurs ressentiments (journaux anti-scolaires). En 1925, dans "Clarté", Freinet écrivait : "La vie familiale et sociale apportée en classe par les dits et les écrits (manuscrits) des élèves constituèrent, une fois imprimés, un ensemble de centres d'intérêts émanant directement des élèves et respectant leurs intérêts immédiats et l'intérêt dominant de la classe".
Au début, il préconisait le simple échange quotidien des imprimés (un par enfant) de chaque classe.
A l'origine était donc la page de vie, texte libre d'un enfant, choisi par le groupe, mis au point et imprimé, parfois manuscrit. Ces pages, échangées presque quotidiennement, et qui servaient de part et d'autre de support privilégié de lecture, avaient une charge affective très forte.
Les échanges se firent plus larges, et se posèrent les problèmes d'affranchissement : le tarif "Périodiques", accordé souvent par les receveurs des campagnes, fut refusé par ceux des villes.
"En 1951, lorsque Freinet demanda à obtenir ce tarif pour les journaux scolaires, on lui répondit officiellement que c'était "réservé aux organes d'information et de culture". Travaillant alors à son secrétariat, je me souviens de sa colère. Il me demanda d'acheter au kiosque de la gare une sélection de ce qui existait de plus nul dans la presse dite du cœur et les journaux pour enfants, bénéficiant du statut de périodiques.
Mon choix était si caractéristique que j'étais honteux de payer mon achat. Nous avons préparé un dossier significatif où figuraient aussi des extraits de journaux scolaires, qui fut distribué aux parlementaires.
Il fallut pourtant des années pour obtenir, à condition de centraliser les demandes à l'ICEM, que les journaux des enfants soient considérés comme de vrais périodiques."
L'appellation "journal scolaire" devint officielle. Mais, insidieusement, elle induit peu à peu une conception (en référence aux journaux de la presse adulte) différente de celle de Freinet.
Nous pouvons constater actuellement certaines dérives, certains journaux cherchant plus à "singer" les publications pour adultes qu'à communiquer la pensée enfantine...
Les années 80, virent la stagnation, voire le recul de la production de journaux scolaires. On peut poser comme hypothèse l'augmentation de la production écrite qui rend plus difficile son édition (lenteur de la composition à l'imprimerie en plomb).
Il fallut attendre 1982 pour qu'Alain Savary consacre la valeur éducative du journal scolaire.
L'appellation "journal scolaire" devint officielle. Mais, insidieusement, elle induit peu à peu une conception (en référence aux journaux de la presse adulte) différente de celle de Freinet.
Nous pouvons constater actuellement certaines dérives, certains journaux cherchant plus à "singer" les publications pour adultes qu'à communiquer la pensée enfantine...
Vous pouvez également consulter le site du CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Moyens d’Informations) au sein du Ministère de l’Éducation Nationale. Il a en charge une éducation aux médias. Un des membres de l’ICEM-Pédagogie Freinet est à l’origine de sa création.
Au début, il préconisait le simple échange quotidien des imprimés (un par enfant) de chaque classe.
A l'origine était donc la page de vie, texte libre d'un enfant, choisi par le groupe, mis au point et imprimé, parfois manuscrit. Ces pages, échangées presque quotidiennement, et qui servaient de part et d'autre de support privilégié de lecture, avaient une charge affective très forte.
Les échanges se firent plus larges, et se posèrent les problèmes d'affranchissement : le tarif "Périodiques", accordé souvent par les receveurs des campagnes, fut refusé par ceux des villes.
"En 1951, lorsque Freinet demanda à obtenir ce tarif pour les journaux scolaires, on lui répondit officiellement que c'était "réservé aux organes d'information et de culture". Travaillant alors à son secrétariat, je me souviens de sa colère. Il me demanda d'acheter au kiosque de la gare une sélection de ce qui existait de plus nul dans la presse dite du cœur et les journaux pour enfants, bénéficiant du statut de périodiques.
Mon choix était si caractéristique que j'étais honteux de payer mon achat. Nous avons préparé un dossier significatif où figuraient aussi des extraits de journaux scolaires, qui fut distribué aux parlementaires.
Il fallut pourtant des années pour obtenir, à condition de centraliser les demandes à l'ICEM, que les journaux des enfants soient considérés comme de vrais périodiques."
Michel Barré
L'appellation "journal scolaire" devint officielle. Mais, insidieusement, elle induit peu à peu une conception (en référence aux journaux de la presse adulte) différente de celle de Freinet.
Nous pouvons constater actuellement certaines dérives, certains journaux cherchant plus à "singer" les publications pour adultes qu'à communiquer la pensée enfantine...
Les années 80, virent la stagnation, voire le recul de la production de journaux scolaires. On peut poser comme hypothèse l'augmentation de la production écrite qui rend plus difficile son édition (lenteur de la composition à l'imprimerie en plomb).
Il fallut attendre 1982 pour qu'Alain Savary consacre la valeur éducative du journal scolaire.
L'appellation "journal scolaire" devint officielle. Mais, insidieusement, elle induit peu à peu une conception (en référence aux journaux de la presse adulte) différente de celle de Freinet.
Nous pouvons constater actuellement certaines dérives, certains journaux cherchant plus à "singer" les publications pour adultes qu'à communiquer la pensée enfantine...
Vous pouvez également consulter le site du CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Moyens d’Informations) au sein du Ministère de l’Éducation Nationale. Il a en charge une éducation aux médias. Un des membres de l’ICEM-Pédagogie Freinet est à l’origine de sa création.
Dernière modification
23-09-2006 22:42

